Entreprendre en quartier prioritaire de la ville (QPV) : le guide

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Dans ce guide
- Qu'est-ce qu'un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
- Quels avantages fiscaux restent pour une entreprise en QPV en 2026
- ZFU-TE : ce que change la suppression pour une entreprise déjà installée
- Embaucher des habitants d'un QPV en 2026 : fin des emplois francs, ce qui existe à la place
- Trouver un local et ouvrir un commerce en pied d'immeuble ou dans un tiers-lieu
- Erreurs fréquentes et calendrier pour un projet en QPV
- Les questions qu'on pose souvent sur le QPV
- Sources officielles citées
Un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) est un territoire urbain défini par un seul critère, l'écart de revenu de ses habitants, et il ouvre des allègements de CFE et de taxe foncière précis depuis 2026. Ce guide fait le point sur ce qui existe vraiment cette année, dispositif par dispositif.
Un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) est un territoire urbain délimité par l'État à partir d'un seul indicateur, l'écart de revenu de ses habitants par rapport au reste de l'agglomération et du territoire national. Entreprendre dans l'un de ces quartiers ouvre, sous conditions précises, une exonération d'impôt sur les bénéfices depuis le 1er janvier 2026, une exonération de CFE et une exonération de TFPB. Les anciennes zones franches urbaines - territoires entrepreneurs (ZFU-TE) ont disparu pour toute nouvelle installation depuis cette même date, et les emplois francs ne concernent plus aucun contrat signé après le 31 décembre 2024. Ce guide détaille la définition d'un QPV, les avantages fiscaux mobilisables en 2026, ce que change la fin des ZFU-TE, les dispositifs d'embauche qui restent, et les points de vigilance avant d'ouvrir un local.
Qu'est-ce qu'un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV)
Le quartier prioritaire de la politique de la ville a remplacé, au 1er janvier 2015, les ZUS et les CUCS, à la suite de la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine du 21 février 2014, dite loi Lamy. Cette réforme a remplacé un maillage de zonages devenu illisible par un critère unique.
Le critère unique de la concentration de pauvreté
Un QPV se définit par la concentration de pauvreté de sa population, mesurée sur un carroyage de 200 mètres ou par Iris, en comparant le revenu des habitants à un revenu médian de référence. Pour être classé QPV, un territoire doit se situer dans une unité urbaine de plus de 10 000 habitants, compter au minimum 1 000 habitants dans son périmètre, et présenter un écart de revenu suffisant par rapport à l'agglomération et au territoire national. Dans les départements et collectivités d'outre-mer, le classement repose sur des critères sociaux, démographiques, économiques ou liés à l'habitat. Ce n'est pas un jugement sur la sécurité d'un quartier : c'est une mesure statistique de revenu, destinée à orienter des moyens publics.
La carte 2024 : ce qui a changé
La géographie des QPV a été redessinée par deux décrets du 28 décembre 2023, entrés en vigueur le 1er janvier 2024. Ce nouveau zonage classe 1 362 territoires métropolitains dans tous les départements : 960 quartiers maintenus avec un périmètre ajusté, 111 nouveaux quartiers entrants et 40 quartiers sortants, du fait d'une amélioration socio-économique ou d'une évolution démographique. Cette nouvelle géographie concerne environ cinq millions d'habitants en métropole. Les communes qui sortent du dispositif peuvent continuer à recevoir un appui du préfet dans le cadre d'un contrat de ville. Des contrats de ville « Engagements Quartiers 2030 » ont été signés localement avant le 31 mars 2024.
Comment vérifier qu'une adresse se trouve en QPV
Un périmètre de QPV suit parfois une rue précise, sans englober la rue parallèle : vérifier une adresse au cas par cas évite une erreur coûteuse. Le ministère chargé de la ville met à disposition un outil officiel de recherche par adresse sur le SIG de la politique de la ville, qui permet aussi de consulter les données statistiques par territoire. Un service de géoréférencement par fichier permet de qualifier une liste d'adresses. Un repérage fait sur une carte ancienne n'a aucune valeur pour une déclaration fiscale.
Quels avantages fiscaux restent pour une entreprise en QPV en 2026
Trois allègements coexistent pour une entreprise qui s'installe ou s'étend en QPV en 2026 : une exonération d'impôt sur les bénéfices, une exonération de CFE et une exonération de TFPB. Les trois sont temporaires, soumises à des conditions d'effectif et de chiffre d'affaires, et plafonnées par la réglementation européenne des aides de minimis.
Une exonération d'impôt sur les bénéfices depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les entreprises qui créent ou reprennent une activité commerciale, artisanale, ou l'exercice d'une profession de santé (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, pharmaciens, auxiliaires médicaux) dans un QPV entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2030 peuvent bénéficier d'une exonération d'impôt sur le revenu ou sur les sociétés, y compris au régime de la micro-entreprise. Deux conditions cumulatives s'appliquent : moins de 50 salariés, et un chiffre d'affaires annuel hors taxe ou un total de bilan sous 10 millions d'euros. L'exonération est totale les cinq premières années, puis dégressive : 60 % la sixième année, 40 % la septième, 20 % la huitième. Les activités industrielles sont exclues, de même que les créations issues d'un transfert ou d'une restructuration déjà exercée en QPV. Une entreprise peut interroger l'administration par un rescrit fiscal : l'absence de réponse sous trois mois vaut accord tacite.
L'exonération de CFE et les plafonds BOFiP pour 2026
Les créations ou reprises d'établissements réalisées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2030 dans un QPV peuvent bénéficier d'une exonération de CFE, dans les mêmes conditions d'activité, d'effectif et de chiffre d'affaires que l'exonération d'impôt sur les bénéfices. L'exonération est totale pendant cinq ans, puis dégressive de la même manière, sur la base nette imposable de l'établissement. Cette base est plafonnée chaque année par le BOFiP, actualisé selon la variation des prix de l'Insee. Pour 2026, le plafond applicable aux créations ou extensions d'établissements en QPV (article 1466 A, I du code général des impôts) est figé à 33 637 euros, un montant fixé par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026. Le plafond applicable aux activités commerciales en QPV (article 1466 A, I septies) et celui applicable aux créations en ancienne ZFU-TE (article 1466 A, I sexies) sont fixés pour 2026 à 91 826 euros.
| Régime CFE (code général des impôts) | Entreprises concernées | Plafond de base nette imposable 2026 |
|---|---|---|
| Article 1466 A, I (créations ou extensions d'établissements en QPV) | Moins de 50 salariés, CA ou bilan annuel sous 10 M€ | 33 637 € |
| Article 1466 A, I septies (petites entreprises à activité commerciale en QPV) | Moins de 50 salariés, CA ou bilan annuel sous 10 M€ | 91 826 € |
| Article 1466 A, I sexies (création, extension ou changement d'exploitant en ancienne ZFU-TE) | Moins de 50 salariés, CA ou bilan annuel sous 10 M€ | 91 826 € |
La taxe foncière sur les propriétés bâties : une exonération de cinq ans
Les locaux rattachés entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2030 à un établissement exonéré de CFE peuvent aussi bénéficier d'une exonération de TFPB, pour une durée de cinq ans, à compter du 1er janvier de l'année suivant le rattachement. Elle cesse avant son terme si les locaux ne sont plus affectés à l'activité ou si l'entreprise ne remplit plus une condition requise. Cumuler CFE et TFPB reste possible, mais une entreprise ne peut pas cumuler plusieurs régimes d'exonération de CFE entre eux : le choix est définitif.
Une délibération de la commune peut tout changer
Aucune de ces exonérations n'est automatique au niveau local. Les communes et les EPCI à fiscalité propre peuvent s'opposer, par délibération, aux exonérations de CFE et de TFPB prévues pour les QPV, en principe avant le 1er octobre pour une application l'année suivante. Pour 2026, la commune qui souhaite s'y opposer dispose d'un délai de 120 jours à compter du 19 février 2026, date de promulgation de la loi de finances. Une entreprise qui bâtit son plan de financement sur une exonération de CFE sans vérifier la position de sa commune prend un risque réel sur sa trésorerie. L'exonération d'impôt sur les bénéfices, elle, n'est pas soumise à une délibération locale.
Le plafond de minimis s'applique à toutes les aides cumulées
L'exonération d'impôt sur les bénéfices, de CFE et de TFPB doivent respecter la réglementation européenne des aides de minimis : le montant total de ces aides, cumulées entre elles et avec d'autres aides de minimis perçues par l'entreprise, ne peut pas dépasser 300 000 euros sur une période glissante de trois exercices fiscaux. Ce plafond s'apprécie à la date d'octroi de chaque nouvelle aide.
ZFU-TE : ce que change la suppression pour une entreprise déjà installée
Les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs (ZFU-TE) étaient des quartiers particulièrement défavorisés, situés dans ou près des QPV, créés à partir de 1996 par le pacte de relance pour la ville, puis réorganisées sous le label « territoires entrepreneurs » en 2015. Une centaine existaient en France, dont une dizaine en Seine-Saint-Denis.
Aucune nouvelle installation possible depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les zones franches urbaines - territoires entrepreneurs sont supprimées. Il n'est plus possible de s'y installer pour bénéficier d'un avantage fiscal à ce titre : une entreprise qui ouvre un établissement en 2026 dans un ancien périmètre de ZFU-TE relève, le cas échéant, du régime QPV décrit plus haut si le périmètre reste classé en quartier prioritaire.
Ce qui reste pour une entreprise installée avant le 1er janvier 2026
Les entreprises qui se sont installées en ZFU-TE jusqu'au 31 décembre 2025 continuent de bénéficier de l'exonération d'impôt sur les bénéfices en vigueur au moment de leur installation, jusqu'au terme de leur calendrier. Pour une installation entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2025, ce calendrier prévoyait une exonération totale pendant cinq ans, puis un abattement dégressif de 60 %, 40 % et 20 % les trois années suivantes, sur un bénéfice exonéré plafonné à 50 000 euros par période de douze mois, majoré de 5 000 euros par salarié résidant en ZFU-TE ou en QPV embauché à temps plein au moins six mois. Ce régime était réservé aux entreprises de 50 salariés au plus, avec un chiffre d'affaires ou un bilan sous 10 millions d'euros, et une clause d'embauche locale : au moins 50 % des salariés en CDI ou en CDD d'au moins douze mois devaient résider en ZFU-TE ou en QPV. Le plafond de minimis s'appliquait déjà à ce dispositif.
Des avantages annexes qui disparaissent, même pour les entreprises déjà installées
Seule l'exonération d'impôt sur les bénéfices est maintenue pour les entreprises installées avant le 1er janvier 2026. Les autres avantages attachés aux ZFU-TE disparaissent à cette date, y compris pour une entreprise déjà en place : exonération de taxe annuelle sur les bureaux en Île-de-France, de taxe pour la création de bureaux, de taxe additionnelle sur les surfaces de stationnement, et de taxe annuelle sur les bureaux en Provence - Alpes - Côte d'Azur. Une entreprise en ancienne ZFU-TE d'Île-de-France doit donc revoir sa charge fiscale locale sur ces postes dès 2026.
Embaucher des habitants d'un QPV en 2026 : fin des emplois francs, ce qui existe à la place
Le dispositif des emplois francs permettait à un employeur de recevoir une aide lorsqu'il embauchait un habitant résidant en QPV. Ce dispositif a pris fin pour les contrats signés après le 31 décembre 2024 : aucune embauche réalisée en 2026 n'y ouvre droit. Deux dispositifs publics restent mobilisables pour recruter des habitants de ces quartiers : l'insertion par l'activité économique et les clauses sociales des marchés publics.
L'insertion par l'activité économique (IAE)
L'insertion par l'activité économique permet à des personnes sans emploi confrontées à des difficultés sociales et professionnelles de signer un contrat de travail avec un accompagnement renforcé. Résider en QPV figure parmi les critères complémentaires, aux côtés des chômeurs de très longue durée (24 mois ou plus) et des bénéficiaires du RSA, de l'ASS ou de l'AAH. Un prescripteur habilité (France Travail, mission locale, Cap emploi) oriente vers l'une des quatre structures signataires : l'entreprise d'insertion (EI), l'entreprise de travail temporaire d'insertion (ETTI), l'atelier et chantier d'insertion (ACI) et l'association intermédiaire (AI). Le contrat dure au minimum quatre mois, renouvelable dans la limite de 24 mois en principe, avec une possibilité de CDI pour une personne d'au moins 57 ans.
Les clauses sociales dans les marchés publics
Une clause sociale est une condition d'exécution insérée dans un marché public (article L. 2112-2 du code de la commande publique) qui impose au titulaire de réserver une partie des heures de travail à des personnes éloignées de l'emploi : embauche directe, mise à disposition ou sous-traitance auprès d'une structure d'insertion. Les publics concernés recoupent ceux de l'IAE : demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, personnes handicapées, jeunes sans diplôme, demandeurs d'emploi de plus de 50 ans. La loi Climat et résilience du 22 août 2021 a introduit une obligation progressive, avec un objectif de 100 % des marchés dépassant les seuils européens au 22 août 2026. Des facilitateurs de la clause d'insertion, rattachés à une maison de l'emploi, accompagnent acheteurs publics et entreprises titulaires dans le recrutement.
| Dispositif | Qui en bénéficie | Comment y accéder |
|---|---|---|
| Emploi franc | Plus personne : fin des contrats signés après le 31/12/2024 | Dispositif clos, aucune nouvelle demande possible |
| Insertion par l'activité économique (IAE) | Personnes sans emploi en difficulté sociale et professionnelle, dont les résidents de QPV | Orientation par un prescripteur habilité (France Travail, mission locale, Cap emploi...) |
| Clause sociale d'un marché public | Demandeurs d'emploi de longue durée, bénéficiaires du RSA, personnes handicapées, jeunes sans diplôme... | Mise en œuvre par l'entreprise titulaire du marché, avec l'appui d'un facilitateur |
Trouver un local et ouvrir un commerce en pied d'immeuble ou dans un tiers-lieu
Les quartiers prioritaires concentrent une part importante des commerces en pied d'immeuble, ces locaux installés au rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation. Une mission nationale confiée en 2025 à une élue locale, à un dirigeant de coopérative et à un responsable de la Banque des territoires a dressé un état des lieux de ces commerces, en centre-ville et en QPV.
L'état du commerce en pied d'immeuble
Selon les données compilées pour 2025, le taux de vacance commerciale en pied d'immeuble atteint 11,7 %, contre 10,8 % en 2024, et le taux de rotation commerciale y atteint 13,6 %, supérieur à celui des centres commerciaux (13,4 %) et des zones commerciales (9,3 %). Ces commerces recouvrent une grande diversité d'activités : cafés, restaurants, alimentation, habillement, services, loisirs, activités culturelles. Les commerces indépendants représentent près de 70 % de ces locaux en pied d'immeuble, le reste étant occupé par des enseignes. Un porteur de projet qui cherche un local en QPV doit composer avec ce taux de rotation élevé : un local disponible aujourd'hui peut l'être pour des raisons structurelles (loyer, accessibilité, visibilité) qui méritent d'être vérifiées avant signature.
Les tiers-lieux : une autre manière d'installer une activité
Un tiers-lieu est un espace qui mutualise des locaux et des compétences entre plusieurs activités, hors du domicile et du lieu de travail classique : espace de coworking, friche culturelle reconvertie, fablab, café associatif, jardin partagé. L'ANCT retient cinq éléments qui caractérisent un tiers-lieu : l'entraide et la mutualisation entre pairs, l'expérimentation et la création, l'ouverture et la convivialité, la libre contribution et la gouvernance partagée, l'hybridation des activités et des revenus. Plus de 3 500 tiers-lieux étaient recensés en France en 2023, dont 62 % hors des grandes métropoles, pour un chiffre d'affaires cumulé de 882 millions d'euros et 24 727 emplois directs. L'ANCT pilote le programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens » depuis 2020, qui comprend les « Manufactures de proximité ». Le groupement d'intérêt public France Tiers-Lieux, qui coordonnait leur animation nationale depuis 2022, a cessé son activité fin juin 2026 ; le ministère chargé de l'Aménagement du territoire a indiqué que l'animation régionale resterait accompagnée par l'ANCT. Pour un porteur de projet en quartier prioritaire, un tiers-lieu peut représenter une alternative à un bail commercial classique : un espace partagé, souvent moins coûteux, qui permet de tester une activité avant d'investir dans un local dédié.
Commerces en pied d'immeuble, repères 2025
- Taux de vacance : 11,7 %, contre 10,8 % en 2024
- Taux de rotation commerciale : 13,6 %, le plus élevé des trois formats étudiés
- Part de commerces indépendants : Près de 70 % (le reste sous enseigne)
- Tiers-lieux recensés en France (2023) : Plus de 3 500, dont 62 % hors métropoles
Erreurs fréquentes et calendrier pour un projet en QPV
Un projet d'entreprise en quartier prioritaire se heurte souvent aux mêmes erreurs, liées à la confusion entre dispositifs disparus et ceux qui restent actifs en 2026, ou à un périmètre vérifié sur une source ancienne.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
Première erreur : vérifier le périmètre QPV sur une carte antérieure à 2024. Deuxième erreur : intégrer un emploi franc ou une exonération sociale ZFU-TE dans un prévisionnel pour 2026, alors que ces deux dispositifs n'existent plus. Troisième erreur : considérer l'exonération de CFE comme acquise sans vérifier si la commune s'y est opposée par délibération. Quatrième erreur : tenter de cumuler deux régimes d'exonération de CFE pour un même établissement, alors que le choix d'un seul régime est définitif. Cinquième erreur : ne pas tenir compte du plafond de minimis cumulé sur trois exercices glissants, qui inclut l'ensemble des aides publiques perçues par l'entreprise.
Un calendrier type
| Étape | Ce qu'il faut faire | Repère de délai |
|---|---|---|
| Vérification de l'adresse | Contrôler le périmètre QPV avec l'outil officiel du SIG Politique de la ville, avant tout engagement sur le local | Avant la signature du bail |
| Vérification de la position de la commune | Se renseigner sur une éventuelle délibération d'opposition à l'exonération de CFE ou de TFPB | Avant la création ou la reprise d'établissement |
| Déclaration initiale de CFE | Dépôt du formulaire 1447-C-SD (création) ou 1447-M-SD (extension) auprès du service des impôts des entreprises | Au plus tard le 31 décembre de l'année de création ou de reprise |
| Demande d'exonération de TFPB | Dépôt du formulaire 6733-SD auprès du service des impôts des entreprises du lieu du local | Avant le 1er janvier de l'année pour laquelle l'exonération doit s'appliquer |
| Rescrit fiscal, si doute sur l'éligibilité | Interroger l'administration fiscale sur l'exonération d'impôt sur les bénéfices | En amont de la création ou de la reprise ; silence de 3 mois vaut accord |
| Recherche de main-d'œuvre locale | Contact avec un prescripteur IAE ou un facilitateur de clause sociale si l'entreprise répond à un marché public | Variable selon le projet |
Ce calendrier ne dispense pas de vérifier que la fenêtre réglementaire (2026-2030 pour les régimes décrits plus haut) correspond à la date réelle de création, de reprise ou d'extension de l'établissement : une entreprise créée avant le 1er janvier 2026 ne relève pas du même régime qu'une entreprise créée après cette date.
Les questions qu'on pose souvent sur le QPV
Un quartier prioritaire de la politique de la ville est un territoire urbain classé selon un seul critère, l'écart de revenu de ses habitants par rapport à l'agglomération et au territoire national, dans une unité urbaine de plus de 10 000 habitants comptant au moins 1 000 habitants dans le périmètre retenu.
L'outil officiel du système d'information géographique de la politique de la ville, accessible sur sig.ville.gouv.fr, permet de vérifier une adresse précise, rue par rue. Un repérage approximatif n'a aucune valeur pour une demande d'exonération fiscale.
Non, pour une nouvelle installation. Elles sont supprimées depuis le 1er janvier 2026. Seules les entreprises installées jusqu'au 31 décembre 2025 continuent de bénéficier de l'exonération d'impôt sur les bénéfices en vigueur au moment de leur installation, jusqu'au terme de leur calendrier.
Non. Le dispositif a pris fin pour les contrats signés après le 31 décembre 2024. Une embauche réalisée en 2026 dans un quartier prioritaire ne donne droit à aucune aide de ce type.
Le BOFiP fixe à 91 826 euros de base nette imposable le plafond 2026 applicable aux petites entreprises à activité commerciale en QPV et aux créations réalisées en ancienne ZFU-TE. Le plafond applicable aux créations d'établissements classiques en QPV est figé à 33 637 euros depuis le 1er janvier 2026. Ces exonérations restent facultatives : la commune peut s'y opposer par délibération.
Sources officielles citées
- Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : allègements fiscaux, entreprendre.service-public.gouv.fr
- Savoir si votre adresse est située en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV), entreprendre.service-public.gouv.fr
- Exonérations sur les bénéfices en zone franche urbaine - territoire entrepreneur (ZFU-TE), entreprendre.service-public.gouv.fr
- Est-il possible de bénéficier du dispositif de l'emploi franc ?, service-public.gouv.fr
- En quoi consiste l'insertion par l'activité économique (IAE) ?, service-public.gouv.fr
- Actualisation des plafonds d'exonération de CFE pour 2026 dans les zones urbaines en difficulté, BOFiP-Impôts
- Quelles exonérations d'impôt dans les quartiers prioritaires de la ville ?, ministère de l'Économie
- Nouvelle carte des quartiers prioritaires de la politique de la ville, ministères de la Transition écologique et de la Ville
- Système d'information géographique (SIG) de la politique de la ville, ministère chargé de la Ville
- Quartier prioritaire de la politique de la ville, Wikipédia
- Comprendre et activer une clause sociale dans un marché public, communauté de l'inclusion (ministère du Travail)
- Tiers-lieux, Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT)
Ce guide fait partie d'un ensemble plus large : retrouvez la vue d'ensemble des dispositifs, des financements et des parcours pour entreprendre dans les quartiers et dans l'économie sociale et solidaire.
Les guides « Quartiers »
QPV, anciennes zones franches urbaines, exonérations de CFE, locaux commerciaux, embauche des habitants : ce qui s'applique vraiment en 2026.